Historique | Rallye l'Aumance

Historique

L'histoire du Rallye l'Aumance

 

L'histoire du Rallye l'Aumance 

À la demande de ma fille Pascale

Actuel maître d’Equipage du Rallye l’Aumance, voici quelques lignes qui me permettent d’égrener des souvenirs et certains moments d’émotion qui accompagnèrent la vie du Vautrait du Rallye l’Aumance de 1960 à 1966 et ensuite celle de l’Equipage de cerf.

 

 

C'est mû par une passion un peu folle et familiale –du côté de ma mère– et poussé par quelques anciens membres de l'Equipage d'Anet de la Celle, que je me jetais dans « l'aventure ». Car c'est bien de cela dont il s'agit : le goût de l'aventure au « cul » d'un grand sanglier.C'est grâce à la compréhension des Eaux et Forêts de l'époque et à l'appréciation de Georges Robert, devenu seul adjudicataire du cerf à courre après que le Rallye à la Pucelle ait démonté, que j'obtins une journée de vénerie de sanglier à Tronçais. Je complétais la saison par quelques attaques dans les forêts voisines.

La campagne n'était pas sillonnée de clôtures, de fils électriques, et 60 à 80 chiens, bien dans la voie, n'avaient pas besoin de grand monde pour les servir. Les attaques étaient difficiles en raison du nombre de sangliers restreint. Bien que la forêt ne fût pas donnée à tir pour le sanglier à l'époque, nous recherchions le bon « ragot » qui nous promettrait une vraie belle menée. Mon piqueux « La Broussaille » était un rude bonhomme, plein d'humour, avec des yeux bleus toujours rieurs. Il acceptait mes caprices et son fils « La Bruyère » le secondait au mieux. Je ne citerais pas les horaires de travail, bien qu'il y ait prescription ! En résumé, nous partions de nuit pour faire le bois et rentrions aussi de nuit pour des raisons très différentes que je ne détaillerai pas.

Les maîtres n'étaient pas fainéants non plus et une grosse chasse n'empêchait pas une bonne fête dans la propriété la plus proche. Quelles belles années, l'enthousiasme de la jeunesse est irremplaçable…

En 1967, au décès du Maître d'Equipage de la Chapt, je fus amené à organiser un Equipage de cerf. Je ne comparerai ni le style ni la qualité de la vénerie. C'est tout autre chose. « Volcelest », premier piqueux avec à ses ordres « Piqu'Avant » et « Daguet » (ce dernier devenu ensuite un excellent homme de Vénerie de chevreuil chez Mme Sicard), menait cette petite compagnie de « voltigeurs » avec un sens du commandement inné, puis acquis. C'était la revanche de l'ordre sur la fantaisie. En 30 ans, je connus de grandes satisfactions et un «goût du chien » que je ne possédais pas. « Volcelest » partit ensuite chez le Marquis du Vivier qui lui offrait à Villers-Cotterets une place à sa mesure.

Aidé par mon fils, Philippe, je continuais à servir mes chiens, assisté par Daniel qui avait en lui une intelligence naturelle de la chasse.

Il est maintenant le Premier piqueux de ma fille, et son fils « Daguet », petit-fils de « La Broussaille », le seconde. La fille de Daniel, Edwige, a les qualités pour servir les chiens et est une élégante cavalière. Comment ne pas dire un mot de Madeleine, l'épouse de Daniel, toujours là pour entretenir le feu de la cheminée qui accueille les veneurs à notre rendez-vous du Grand Breuilly.

En Juin 1998, à Chambord, s'arrêtait ma vie de Maître d'Equipage. L'interdiction de monter à cheval me démontra vite que je ne pourrai assumer cette charge comme je le souhaitais.

Je remis donc le fouet à Pascale d'Ormesson à Chambord en juin 2000. Je me rendais compte de ce que la responsabilité de Maître d'Equipage vous sied bien, Mesdames, ce que j'avais déjà remarqué. La féminité est un atout dans de nombreux cas pour tenir ce rôle : depuis les contacts avec les Boutons, jusqu'aux relations avec le personnel de l'ONF, avec nos voisins riverains, agriculteurs ou chasseurs ainsi qu'avec les adjudicataires de la Forêt Domaniale.

Afin ne de pas risquer d'être partial, je n'aborderai pas la vénerie pratiquée aujourd'hui au Rallye l'Aumance. Je m'éloigne, au propre comme au figuré, et dès que j'entends le roulement des abois, je cherche un endroit sous le vent d'où solitaire je laisse mes émotions m'envahir.

Gérard Vigand Meaulne, le 11 mars 2005

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.Gérard Vigand, 1924-2005

L’époux, le père, le grand-père, l’ami, le fondateur et Président du Rallye l’Aumance pendant plus de quarante ans, l’homme de la forêt, nous a quitté le 30 septembre dernier.

Gérard Vigand, quelques jours avant son décès, recevait  ses  amis pour chasser à Bouis les canards  qu’il aimait tant regarder, installé sur son  banc à la Maillerie, juste là où je me suis assise pour écrire  ces quelques mots.

De la race des hommes qui ne laissent pas indifférents, il a distillé dans nos veines dès notre plus  jeune âge la passion de la vènerie. Mon frère Philippe et moi avons à ses côtés goûté aux premières  chevauchées à travers la forêt, ressenti les  premiers frissons des abois, et partagé des moments  intenses.  Pendant plus d’une trentaine d’années, nous avons vécu  « ses grands coups de gueule » à la chasse.

 

Il a essayé de nous expliquer tant de choses, nous répétant sans cesse que les chiens sont la base de tout, que l’animal de chasse bien jugé à l’attaque ne devait être revu qu’à l’hallali et que les renseignements ne doivent pas être entendus.  « Papy » comme avaient coutume de l’appeler ses proches, avait l’art et la manière de manier les défauts, avec  un sens inné des refuites. À croire qu’il pensait « cerf » ! Peut-être était-ce  pour cela qu’il ressentait si intensément  le moment des abois. Sans oublier ces  retraites manquées où nous avions l’occasion de refaire la chasse en rentrant à cheval à la nuit…

Lorsqu’il a été ensuite dans l’impossibilité d’être à cheval, il était gentiment critique. Toujours animé par sa passion, il sonnait des vues, sautait les fossés pour mettre ses chiens à la voie, lançait son  chapeau par terre lorsque les chiens prenaient le contre sous ses yeux, bien sûr nous étions toujours les fautifs : le Rallye l’Aumance était bien à lui et nous en étions si heureux.

Le mercredi 28 septembre, il assiste au départ de la chasse du Grand Breuilly. Il entend une dernière fois ses chiens et rentre chez lui. Le surlendemain, il s’éteint dans la paix du Seigneur, entouré des siens.

Depuis, quand je rentre le soir après la chasse,  je ne peux plus parler et reparler avec lui de notre journée mais il n’est pas loin. Du poème que j’ai lu à sa messe d’enterrement, je reprendrais ces quelques mots :

« La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié.

Elle est ce qu’elle a toujours été.

Le fil n’est pas coupé.

Pourquoi serais-je hors de ta pensée,

Parce que je suis hors de ta vue ?

Je t’attends, je ne suis pas loin,

Juste de l’autre côté du chemin,

Tu vois tout est bien.

.Pascale

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